Le live, The Man Who Was Already Dead, sort le 21 novembre.
Est-ce qu'il y a une raison au titre ?
Patric : Cet album live, c'est avant tout et en tout premier
lieu un concert particulier, donc un exemplaire unique. Alors on a fait ce concert
là une fois, qui nous a demandé énormément de travail,
travail avec un arrangeur, avec 18 musiciens en plus, et on a abordé
ce travail comme étant un spectacle global. Et pas simplement comme un
concert avec des musiciens en plus. Et chaque fois que ça nous arrive
- c'est la deuxième fois que ça nous arrive, sur la vie d'un groupe
qui n'est pas si longue que ça, jusqu'à présent, c'est
quand même pas mal de fois - et chaque fois on a souhaité donner
un titre à ce spectacle, ce qui permet aussi de le prendre nous comme
une globalité et pas comme simplement un concert de la tournée
Welcome To The Modern Dancehall, mais de faire une parenthèse.
Et donc de nommer cette chose. Ce titre est venu d'une réflexion, évidemment
quand tu crées tu parles de toi, généralement, d'une façon
ou d'une autre. Et ce titre est venu d'une réflexion de où on
en étaitau moment où on a décidé de faire ce travail.
Et il faut prendre le mot mort au sens petite mort. C'est à
dire qu'à chaque fois qu'il t'arrive quelque chose, et que tu y mets
un terme, et que tu commence une autre chose, si tu arrives à mourir
à ce moment-là, tu vas renaître, donc il y aura une évolution.
Et donc c'est simplement penser que, avec tout ce qui nous est arrivé
cette dernière année, dès que l'album est sorti, d'avoir
tourné énormément, il y a un moment où on a dû
mourir. Personnellement je ne me souviens plus quand. Mais je sais que j'ai
dû mourir à un moment. Et donc je suis un homme déjà
mort.
D'accord.
Patric : J'ai réussi à synthétiser ?
Je crois que c'est la première fois que j'y arrive !
Wow ! Vous aviez répété ?
Marc : Je sais pas... Qu'est-ce que t'es allé faire,
là, tout à l'heure ?
Est-ce que le fait d'avoir travaillé avec 18 musiciens, un arrangeur,
etc va influencer la façon dont vous jouez les titres sur scène
après ? Est-ce qu'il y a des choses que vous allez garder ?
Marc : Il y a des petits trucs. Comme en fait on est en train
de terminer une tournée qui a commencé en janvier, et ce spectacle
avec l'orchestre a forcément permis de voir une autre manière
de travailler, donc il y a une répercussion sur les dernières
dates qu'on fait maintenant. On a déjà comme ça très
rapidement changé des choses, exploré des petits... On a fait
queqlues petits changements dans le set, qui sont carrément influencés
du boulot qu'on a fait à Bruxelles.
Patric : Il y a eu de nouveau une petite mort, je crois, après
ce concert. On a tellement focalisé sur cette chose, on a tellement travaillé
pour une date unique, tu vois c'était vraiment un truc comme ça,
avec le temps, et le travail, le nombre de gens, jusqu'à une point, qui
était le 26 septembre, on disait plus "le spectacle",
ou "le Festival Botha", ou "The Man Who Was Al...", on disait
le 26 septembre. C'était devenu, le titre du concert pour
nous c'était devenu le 26 septembre. Tu vois, t'as un moment
ultime.
Marc : Et je crois que...
Patric : C'est clair qu'après ça, tout de suite
il y a eu l'envie de... Il fallait continuer la tournée Welcome To
The Modern Dancehall parce qu'elle est pas finie, il y a encore des dates,
mais il y a eu tout de suite l'envie de retravailler avant de repartir en tournée,
et donc quelques nouveaux arrangements pour les morceaux. C'est évident
là on a de nouveau une petite mort et... Bon il y en a tous les jours,
hein, tout le monde écrase une cigarette.
Marc : Cette grosse in fluence, pour l'instant elle est pas
perceptible. Aborder un travail comme celui qu'on a fait, ça te donne
la possiblité de voir d'autres manières de fonctionner, de travailler,
et ces arragements qu'on a un peu modifiés, c'est évidemment en
conséquence directe du concert qu'on a afait, et je crois que ça
va aller plus loin. Pas dans le sens où on va rejouer avec un orchestre,
mais d'avoir une autre manière d'aborder notre travail. Je pense que
c'est la chose la plus intéressante dans le fait travailler de temps
en temps avec d'autres personnes, c'est d'avoir un autre point de vue, et de
modifier le tien, du coup. Et peut-être de s'écarter un peu plus
de la chanson pop de trois minutes, par exemple.
Vous aviez déjà la nécessité de vous remettre en
question, si tôt ? Est-ce que c'était pour le plaisir de faire
un concert un peu spécial, ou il y avait vrament une nécessité
de travailler différemment ?
Marc : Je crois que c'est les deux... D'abord le plaisir,
enfin, le premier truc c'est Wow, super... (on lui apporte une bière)
Merci. Au départ l'idée était évidemment très
séduisante. Après on s'est demandé si ça valait
le coup, et à quel prix, et dans quelles conditions. Il était
par exemple hors de question de faire, de jouer un morceau comme on les joue
habituellement en rajoutant ici le... Ce qui est intéressant, c'est de
dire "Voilà, on connait un arrangeur avec qui on a envie de travailler,
et on veut lui donner la possibilité d'aller le plus au fond possible
de l'univers qu'il développe quand il compose, quand il arrange".
L'arrangeur vous connaissait déjà avant ?
Marc : On avait travaillé une fois ensemble. Il avait
déjà arrangé quatre-cinq morceaux pour un quintet à
cordes et à vent, et on était super contents du boulot qu'il avait
fait. On voulait travailler avec lui pour aller plus loin...
Passer de la musique de chambre à la symphonie...
Marc : Oui.
Il y a huit titres sur le live; le concert faisait cette durée là,
ou des morceaux n'ont pas été enregistrés ?
Marc : On en a... Il y en avait... Attends... Treize-quatorze,
je sais plus.
Patric : Ouais, quelquechose comme ça.
Marc : On en a gardé huit, pour que ce soit... pour
déjà que ce soit pas trop long, et en même temps garder
le meilleur, garder le plus possible l'identité de ce spectacle. Ce sont
des longs morceaux qui s'enchaînent, et je crois qu'on est plus ou moins
arrivés à garder l'esprit qu'il y avait dans ce spectacle. Il
y avait aussi des morceaux qui étaient moins bien joués, ou qui
étaient moins intéressants, parce qu'il n'y avait plus le côté
visuel, aussi. On a essayé de garder le meilleur, sachant que, par définition,
c'est un album que t'écoutes et que tu voix pas.
Patric : C'est vraiment un objet particulier. Le but était
pas de faire un live de Venus. Je pense que d'abord ça n'aurait intéressé
personne, certainement pas les maisons de disques, on n'a sorti qu'un album
-
Marc : Et nous non plus.
Patric : Et nous non plus d'ailleurs. Et donc ici on a quelquechose
de particulier. Ce qu'on a voulu mettre sur l'album, je crois que c'est quelquechose
qui garde un petit peu cet esprit-là, et tu enlèves le côté
visuel quand tu mets ça sur un CD, et donc il faut rester honnête
par rapport à ce que tu as fait au départ, donc je pense qu'il
faut le modifier quand même un petit peu, pour garder le même esprit.
Parce que là les gens ne vont faire que l'écouter. Hors c'est
quelquechose qui avait été conçu au départ pour
être écouté et vu en même temps. Donc je crois que
c'est la forme la plus honnête, la plus juste.
Vous pensez que vous avez réussi à atteindre l'équilibre,
que même seulement l'audio suffit pour retrouver l'ambiance du concert ?
Patric : Euh, ça j'en sais rien, c'est au gens à
dire ça. Moi je suis plongé dans le projet donc c'est très
difficile d'avoir une vue extérieure. Je peux dire que j'espère.
Mais je n'ai pas de certitude.
Mais c'était le but que vous avez poursuivi...
Patric : Mais, tu sais, quand tu l'enregistres, à la
première écoute, peut-être tu espères que tout soit
bon, que tu peux le laisser comme ça, qu'il y aura pas de chipo à
faire. Et il se fait que non, il y avait des choses à modifier. Enfin
quand je dis modifier c'est très simple. On a enlevé quelques
morceaux et on a changé l'ordre de deux morceaux. C'est aussi simple
que ça. Sinon les prises elles sont telles qu'elles étaient.
Sur la vidéo, il y a l'intégralité ?
Patric : Ceci, c'est pas le concert. Ça n'a rien à
voir. C'est un travail qui a été fait en même temps que
les répétitions. Et il y aura une... Il y a eu une captation,
là pour le moment je ne sais pas où ça en est. Je crois
que c'est au montage. Une captation par la télévision belge.
Là ça va être parfait, vous allez pouvoir restituer l'audio
et la vidéo.
Patric : On ne s'en occupe pas, on ne sais pas, on ne s'occupe
pas du montage. Personnellement je crains le pire, mais...
Parce que vous ne voulez pas vous en occuper, ou parce que eux ne veulent pas ?
Patric : Je pense qu'on aurait pû s'en occuper si on
avait travaillé beaucoup plus dessus, mais on n'a pas pû pour des
queqtions de temps et tout ça. Et je ne crois pas que ça les intéresse
trop qu'on y touche.